Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne (publicitaire)

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Il fallait oser le faire : décorer le pignon de sa maison en plein centre bourg, avec des panneaux publicitaires, pas esthétiques, mais excessifs.
Voilà où nous en sommes arrivés après un an de présence de la nouvelle mandature, qui semble s’accommoder de cette infraction modèle XXL, mais la loi est-elle la même pour tous·tes ?

En effet, il n’y a pas si longtemps, lorsqu’un de nos concitoyens était aperçu un pinceau à la main, la mairie le convoquait illico presto pour lui remettre en mains propres toute une série de nuanciers à faire pâlir un pastelliste.

Eh oui, pas question de choisir une couleur indésirable qui, d’emblée, aurait pu choquer un aquarelliste tendre.

Ainsi toute une palette de blanc crème, de blanc moyen, de blanc cassé, de blanc modéré, de gris clair, de gris sombre, de gris soutenu, même de blanc foncé ! était proposée à ceux qui ne savaient pas comment s’y prendre. Quand l’administration s’en mêle, c’est toujours plus… coloré ?

Rassurez-vous, le choix était bien plus compliqué, selon que votre domicile se trouve en bord de mer, dans un hameau, dans un bourg, ou perché sur une butte…

L’exposition était également déterminante selon que la maison était orientée vers l’un de quatre points cardinaux.

A l’heure actuelle, les vents dominants n’ont pas encore été pris en compte. Car les vents tournent, et la peinture sèche.

Bref, avant de passer un coup de rouleau sur les murs extérieurs, il fallait avoir la bénédiction d’un bon nombre d’élus et de fonctionnaires.

Aujourd’hui, face à ce précédent juridique inqualifiable, il est désormais possible, à Kerlouan, de peindre sa maison en rose bonbon, en vert armée, en bleu marine, en jaune citron, en y intégrant quelques calligraphies originales (Betty Boop, Shadoks, Mickey Mouse…).

Enfin, peut-être pas pour tout le monde... ?

Posté le 4 mars 2021